MOTS choisis pour Bénédicte Dubart

Femme-sculpteur 

 

Agrippée â la terre

L’ongle et l'âme en sang,

L’artiste troue la pierre,

Et lui fait un enfant...

La rendant à l'espace tout en la sublimant

Jusques aux feux du bronze qui consument le tout,

Immortelle matière qui verdit après nous...

 

En Sisyphe abyssal, remontant chaque instant

Sa souffrance en Poids pur, triturée et pétrie,

Le sculpteur roule en lui sa pierre philosophale

Du volume conquis, en poids phénoménal

De vie pesante et belle, de matière-lumière,

Frissonnant sous chaque angle biseauté par l'esprit ...

Adam renouvelé ou Eve originale

Icares incandescents petits-princes clairs de terre

Avec des airs d'enfants, leurs mains broient la matière

Leur âme se perd dedans ...

 

L'Œuvre au Noir est lumière, et le travail ardent

Qui passe de l'or au plomb, de la glèbe à la pierre

Et au métal lourd fixé après la cire,

Défie le temps porteur, remodelé toujours,

Au vent des pensées folles

Qui fixent cet objet,

Cadeau humain au Temps.

 

Poème modifié le 12·12-2011

Françoise VANDENBUSSCHE

In "Vibrations" 2010